Les funérailles de l’ancien président Liamine Zeroual au cimetière central de Batna : une rébellion d’un élément spontané a fait basculer les obsèques dans le chaos? – News

Ce lundi 30 mars 2026 restera gravé dans les mémoires des habitants de Batna et des centaines de milliers d’Algériens, non seulement comme le jour où l’un des fils les plus illustres du pays a été inhumé, mais aussi comme l’instant où une émotion profonde a transformé une cérémonie solennelle en une explosion sentimentale collective.
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L’ancienne dépouille de l’ancien président Liamine Zéroual, décédé le 28 mars 2026 à l’âge de 84 ans après une longue maladie annoncée par la présidence, avait fait l’objet d’un hommage national quelques jours plus tôt à Alger 👇.
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Les corps d’État, les plus hautes autorités du pays et une foule immense s’étaient rassemblés au Palais du Peuple à Alger pour rendre leurs derniers respects, devant une dépouille drapée du drapeau national et entourée de dignitaires politiques, de moudjahidine, d’officiers supérieurs et de citoyens venus de tout le pays.
Le lendemain, après ce dernier hommage solennel, le corps de Zéroual avait été transféré à Batna, sa ville natale, dans la wilaya de l’Aurès où il avait vu le jour le 3 juillet 1941 et suivi ses premiers pas dans l’armée de libération nationale à l’âge de 16 ans.
Les préparatifs funèbres au cimetière central de Batna, Bouzourane, s’étaient déroulés en présence du président de la République en exercice, Abdelmadjid Tebboune, qui avait fait le déplacement pour superviser la cérémonie d’inhumation et saluer la mémoire de l’ancien chef de l’État.
Autour des tombes soigneusement alignées, les autorités militaires avaient formé une haie d’honneur, tandis que des fleurs blanches, des drapeaux nationaux et des garlandes dispersaient une odeur mêlée de solennité et de recueillement.
Des chants religieux, des prières solennelles et des discours empreints de gratitude pour les services rendus à la nation contribuaient à la gravité du moment. Trois jours de deuil national avaient déjà été décrétés à travers tout le pays, avec les drapeaux en berne et des manifestations sportives et culturelles reportées ou suspendues par respect.
Pourtant, au milieu de cette structure cérémonielle parfaitement ordonnée, quelque chose d’inattendu s’est produit, qui a transformé l’hommage en une poussée d’émotion collective quasi incontrôlable.
Alors que les discours protocolaires s’égrenaient et que les officiels soulignaient les contributions de Zéroual à l’histoire contemporaine de l’Algérie — ses efforts pour stabiliser le pays au milieu des violences des années 1990, sa volonté affichée de dialoguer pour sortir la nation de sa crise interne, et son humilité après son départ de la présidence — un groupe d’anciens combattants, suivi par des citoyens émus, a entonné une chanson patriotique familière.
Les premières voix étaient timides, presque murmurées, puis elles ont grandi en intensité et en nombre. Ce n’était plus seulement un chant : c’était l’expression d’une tristesse profonde, mais aussi d’un respect universel et d’un hommage vibrant à un homme qui avait incarné l’esprit de résistance, de sacrifice et de patriotisme.
Cet instant, imprévu et spontané, a fait taire les discours officiels et arrêté le cours prévu des funérailles. Les visages se tournaient, les yeux se perlaient de larmes, et chaque note chantée semblait résonner directement dans le cœur des présents.
Ce moment d’émotion collective a semblé refléter non seulement la peine d’un peuple pour la perte d’un leader respecté, mais également sa gratitude pour un homme qui, après avoir dirigé le pays dans une période difficile, avait choisi de se retirer dans la simplicité et l’humilité dans sa ville natale.
Alors que les voix se mêlaient dans un même élan, certains proches, proches du défunt, ont été submergés par l’émotion. Des sanglots ont éclaté, des hommes d’État et des militaires ont baissé la tête, des spectateurs ont posé leurs mains sur leur cœur. Certaines personnes ont joint leurs mains en prière, d’autres ont simplement fermé les yeux pour retenir leurs larmes.
Ce n’était plus une cérémonie traditionnelle, mais un moment de communion poignante entre une nation et l’une de ses figures historiques, un moment où la douleur collective a trouvé une issue dans le chant et le souvenir partagé.
La scène s’est prolongée plusieurs minutes, pendant lesquelles la foule n’a cessé de chanter et de se recueillir. Même les forces de l’ordre, présentes pour assurer la sécurité de l’événement, ont été prises par l’intensité de l’instant, certains fermant les yeux ou joignant les mains avec respect.
Finalement, après ce moment de ferveur spontanée, le silence est retombé, lourd et solennel, avant que la prière finale ne soit récitée et que le cercueil, entouré par une haie d’honneur, ne soit doucement abaissé dans sa dernière demeure, sous le regard de milliers de personnes présentes.
Ce jour-là, batna n’a pas seulement enterré un homme d’État. Elle a célébré une vie consacrée au service de la nation, une existence marquée par le courage, l’engagement, et, surtout, par la capacité à rassembler au-delà des clivages politiques.
Les chants qui ont jailli spontanément ce jour-là ont prouvé une chose : au-delà des honneurs officiels et des discours, c’est la mémoire populaire et l’émotion sincère du peuple algérien qui ont donné à ces funérailles une dimension profondément humaine, plus forte que les mots eux-mêmes.